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                                          Deglane fonde son Challenge    
                                                             Que l'élite de la lutte française ait besoin de haute compétition, cela est une donnée incontournable du sport moderne. Il n'est donc émis aucune réserve sur la légitimité de tournois préparatoires ni de grands prix de France. La Fédération de lutte organisa de telles épreuves en Languedoc, en Champagne, en Auvergne et les épreuves telles que le GUERIN ou le COULLOMB eurent leur plus totale légitimité comme l'auront d'autres initiatives de même nature à l'avenir. Pour autant le monde du sport a besoin d'autres épreuves de moindre niveau et n'a rien à gagner à mélanger les genres. Hors c'est ce qui est arrivé au Challenge créé par Henri DEGLANE, contrairement à sa volonté clairement exprimée.
                                                             Ce chapitre étant explicatif, il risque d'être un peu austère et c'est difficilement évitable dans la mesure où non seulement l'oeuvre d'Henri Deglane a été accaparée, ce qui serait un moindre mal, mais de surcroît elle a été détournée de son objet et de ses buts ce qui est beaucoup plus préjudiciable. Honorer la mémoire de quiconque ne peut se faire en dénégation des buts, de l'action, voire de la pensée de la personne concernée et surtout pas en brisant ce qu'elle a construit patiemment. Henri n'avait rien contre la haute compétition où il montra sa grande classe et à propos de laquelle son épouse avait un jugement beaucoup plus sévère que le sien. Le Challenge qu'il avait construit et présidait fut un challenge "pour faire lutter ses gars" du meilleur au moins bon, un lieu de rencontre et de fête pour toute la lutte provençale, un challenge où tous les clubs locaux pouvaient venir jouer leur morceau de partition.
                                                      Défendre la mémoire d'Henri qui mit ces idées au centre de son action durant plus d'une décennie ne peut donc se faire en répétant la seule litanie de son titre olympique. Deglane avait su conserver les profondes racines de son terroir et rester populaire ... au sens le plus populaire du mot. Quand il se produisait sur un ring Deglane savait faire venir le public des coins les plus reculés de notre pays car il avait su garder le contact avec le public et ce public répondait à son appel. C'est ce Deglane populaire là qui fonda et créa son propre challenge qu'il présida et anima. Que des "repreneurs-transformateurs" veuillent se glisser dans la peau d'Henri restera leur affaire, surtout en avançant des dates fantaisistes au mépris de la matérialité des faits.
                                                          Tel n'était pas l'objet du tournoi mis sur pied par Henri, tournoi qui reste une nécessité et que l'on pourrait baptiser "Challenge régional inter-frontalier" pour en cibler l'esprit et les enjeux. Lire la presse relatant l'esprit et la lettre des propos d'Henri montre comment il s'employait à faire connaître aux azuréens les lutteurs azuréens et l'on ne s'étonnera alors pas qu'un simple "NUC-Fribourg" puisse à l'époque non seulement assurer trois cent entrées payantes mais encore produire une recette fort correcte à la buvette de l'entr'acte.
                                                            Il ne s'agit pas de nostalgie, il s'agit d'orientation et de développement d'une discipline qui connait une véritable difficulté à retrouver un publique populaire et sympathisant qui lui soit fidèle. Henri Deglane avait posé les bases d'une telle reconquête et son challenge a été démantelé pour faire très exactement l'inverse de ce qu'il proposait.
                                                       
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          Rendons donc la parole à DEGLANE lui même afin de ne pas parler pour lui. Dans la presse il évoque sa difficile arrivée dans la "jungle américaine" où il se fait douloureusement exploiter. La première aide amicale qu'il reçoit lui vient du bulgare DAN KOLOV qui lui ouvre les yeux. Henri lui en restera reconnaissant toute sa   vie d'autant que Dan Kolov devient un héros national à qui la Bulgarie dédie un trophée devenu une référence mondiale. Henri raconte son émotion lorsque son amitié avec Kolov lui vaut de la Bulgarie une invitation personnelle qu'il honorera avec bonheur.
           Pour l'hypothèse improbable ou quiconque en douterait rappelons que DEGLANE fut un fervent compétiteur. Dès qu'il prend des responsabilités dirigeantes il s'attelle à la construction d'une telle épreuve en Côte d'Azur. En quelque sorte le pendant de l'épreuve Bulgare mais sur d'autres objectifs. Son tournoi azuréen devrait servir deux buts, offrir un terrain d'expression aux meilleurs lutteurs provençaux d'une part mais aussi garder toute une partie promotionnelle en direction de la jeunesse ainsi que de ce que l'on appelle aujourd'hui l'innovation, mais sur le terrain d'un "sport populaire". Deglane n'oublie pas ses origines 
 
         Bien qu'Henri ne se prononça pas sur la personne à qui il voulait dédier cette épreuve d'un nouveau style et qu'il voulait simplement présider, sa référence constante fut "Le Dan Kolov". Son épouse tout autant que lui même s'opposèrent résolument à ce qu'elle porte leur nom et une hypothèse crédible est à formuler. Dan Kolov avait une image professionnelle d'un lutteur dur et cassant alors qu'Henri et les Bulgares l'estimaient pour ses grandes qualités humaines. Il est donc fortement probable qu'Henri voulait consacrer son initiative à mieux faire correspondre l'image de son ami à la réalité et cette hypothèse est confortée par un autre considérant. Pour être un ami fidèle Henri n'en était pas moins bon gestionnaire. L'existence d'un Challenge français dédié à Dan Kolov représentait  un gage de participation internationale utile aux lutteurs Provençaux.
         
          Malencontreusement et quoi qu'il en soit la volonté d'Henri DEGLANE et de son épouse fut violentée de leur vivant. Henri se vit "rétrogradé" de la présidence active à une présidence honorifique et n'eut pas l'état de santé nécessaire pour surmonter l'épreuve. D'une irréprochable courtoisie il conserva comme auparavant des relations épistolaires très respectueuses mais prit ses distances , tandis que son épouse protesta énergiquement et finit par rompre toutes relations avec le club.
         Ceci entraîna de vives dissensions avec le club dans un premier temps puis entre les clubs azuréens dans un second temps. Ayant fait deux accidents cérébraux importants Henri ne devait pas tarder à disparaître et,
avec son décès, une page locale de la lutte se tournait de façon bien unilatérale.
           Voyons donc Henri DEGLANE oeuvrer à son challenge.
           Nulle surprise à voir Henri s'atteler à la création d'un challenge de qualité dès qu'il accède à des fonctions dirigeantes. Aussi tôt revenu à la lutte amateur il prend des dispositions pour créer un tel événement qu'il évoque très clairement dès  ses premiers contacts avec la presse. Il ne se contente pas d'en exposer les motifs, il prend des dispositions concrètes qui aboutissent.
          Des antécédents :
          Avant lui diverses rencontres avaient été organisées avec l'Italie.
          Il fait donc explorer cette piste par BOB Robin qui trouve écho auprès du club Génois Italsider, club entraîné par l'international Baldo NIZZOLA qui se montre intéressé. Le projet prend forme. Henri qui a pu faire acheter l'un de ces tapis tout récent de mousse industrielle le met immédiatement à la disposition de cette relance d'un "France-Italie".
          Comme évoqué ci-dessus il a honoré une invitation des bulgares organisateurs du célèbre tournoi Dan KOLOV, son adversaire et ami des grandes heures américaines. Sa visite n'aura de conséquences qu'assez indirectes mais d'une importance certaine au plan relationnel en contribuant à établir un lien très fort. Il se servira de ce voyage pour recommander ultérieurement BOB aux bulgares. Avec Henri les projets ne restent pas dans les intentions, il recherche toutes les occasions de leur donner une forme concrète.
           Une nouvelle piste :          
           La toute jeune université de Nice commençant à se doter d'installations sportives le conseiller technique a réussi à créer les conditions pour qu'une section de lutte puisse naître au sein du Nice Université Club. BOB Robin est tenté par l'aventure et prend la direction de l'entraînement. Il cherche de nouveaux contacts pour ce nouveau club et divers facteurs le guident sur  l'exploration de la "piste suisse". Deglane n'est pas directement lié à cette opération précise mais il l'appuie néanmoins de son autorité.
           Il a reçu élégamment Daniel Robin dans sa "Coupe de la Ville de Nice" et des liens très forts existent entre les frères Martinetti et Daniel. Ils ont déjà réussi à organiser ensemble plusieurs rencontres avec le comité du Dauphiné dont je suis sportivement originaire et que je viens renforcer à ce titre. Pascal SARRAGAGLIA nous rendra la politesse à son tour en venant nous renforcer à Nice. BOB Robin s'emploie à mettre l'ensemble de la situation à profit pour défier les helvètes avec le NUC, son nouveau club.
 
           Quant-à Nice :   
          Sur place Henri n'est pas resté inactif. Il est membre de l'association des Limousins de Nice dont le Président, Robert GOURBAT est adjoint au maire. Ils ont tous deux convenu de créer pour la lutte une "Coupe de la Ville de Nice"présidée par Henri. Nous avions alors mis à profit la "revanche ATALAY-ROBIN" organisée à La Seyne sur Mer par René Autran pour assurer le succès de cette coupe à laquelle le Bataillon de Joinville fut invité afin d'assurer un bon support médiatique.
          Ces rencontres se nourrissent l'une l'autre : Coupe de la Ville de Nice, Nice-Gènes, Nice-Italie, Nice Martigny, Nice-Fribourg, Nice-Suisse, Provence-Suisse au Camp International de Lutte. Selon les cas il y a match aller-retour, voir des rencontres avec des clubs italiens différents. Deglane est de toutes les rencontres et il leur accorde beaucoup d'importance. Il a réussi son pari de doter la région de rencontres internationales qui ont lieu régulièrement et reçoivent l'adhésion des lutteurs provençaux. Le Challenge qu'il préside est au centre du dispositif et les marseillais ne boudent pas les occasions.
           Quand "le hasard" fait bien les choses :
           Se produit alors un événement majeur et inattendu. Le club corporatif du Trakia de Plovdiv, célèbre pour son équipe de Foot-Ball, prend la décision de créer une section de lutte en lui accordant des moyens nécessaires, y compris au plan médical qui se voit confié au Docteur francophone et francophile Assan CHOUMKOV . La réputation d'excellence de la lutte bulgare n'étant pas un mythe, les dirigeants décident de se roder par des matchs internationaux moins ambitieux et la Fédération Internationale de Lutte Amateur (FILA) a dressé un plan d'assistance technique entre les pays. Choumkov n'étant pas le seul francophile le choix de la France ne fait aucune difficulté et le club étant corporatif se voit aiguillé sur la FSGT qui va répondre positivement dès les premiers courriers.
           Le "Tour de France des clubs de lutte FSGT" :
           L'idée du Trakia est d'opérer chaque année en France une tournée culturelle et sportive des divers clubs de lutte FSGT. Toute la commission nationale de lutte se montre enthousiaste et Christian Joly assisté de Sébastien Giaume proposent Nice comme première étape. Ils s'engagent à en soumettre l'idée à Deglane. Le projet d'ensemble est immédiatement lancé  par le Président Raoul Gattegno lui-même, assisté de Trieste Téglia. Le Président Gattegno se montre non sectaire et tente d'associer des clubs  de la Fédération Française, dont Clermont-Ferrand, à cette opportunité inespérée. Il en sera "pour ses frais" de cet effort diplomatique.
           L'opération se monte malgré tout et Henri DEGLANE est le tout premier à répondre positivement à la demande. Il est d'accord pour transformer la coupe de Nice qu'il préside en "Première étape du Tour de France des Clubs de Lutte FSGT" qui connaîtra deux éditions.
           Malheureusement cette organisation est assez lourde et les clubs ont beaucoup de mal à répondre à cet appel. La coordination est hasardeuse. Le voyage s'avère bien long et produit moins de rencontres qu'il était espéré. D'un commun accord le Trakia et la FSGT vont s'adapter à la situation du terrain, chacun jugeant le "Tour de France" comme beaucoup trop aléatoire. Par contre, étant très satisfaits des rencontres de Nice et d'Ivry les bulgares font le choix de venir séparément à ces deux tournois. Ce sera la forme définitive mise en oeuvre chaque année par la commission nationale de lutte FSGT, le Challenge présidé par Henri DEGLANE d'une part et le Challenge Maurice PAQUETTE d'autre part. 
           Les deux challenges FSGT :
           Il n'est pas indifférent de mentionner que l'évolution de ces deux épreuves ne présentaient aucun caractère de défiance vis à vis de ceux de la Fédération de Lutte qui poursuivaient une politique internationale plus élitiste. Le Deglane et le Paquette avaient pour objectif premier non pas d'organiser un tournoi de haut niveau, mais au contraire d'organiser deux tournois offrant un champ d'expression aux lutteurs locaux, ceci comme but essentiel, mais avec l'aspect complémentaire d'attirer  un public spécifique de spectateurs venant encourager "leur équipe". Telles étaient les orientations aussi bien de DEGLANE que de PAQUETTE et il semble donc bien problématique de prétendre des honorer en faisant l'inverse de ce qu'ils mettaient eux-mêmes sur pieds.
          
           Les suites ......  :
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